1. Nouvelle législation
D’importantes modifications aux règles relative aux ASBL, fondations et
associations internationales ont été introduites par les lois des
2 mai 2002 et
16 janvier 2003. Ainsi, la plupart des dispositions de la
loi du 27 juin 1921 sur les ASBL et fondations d’utilité publique
ont été modifiées et la fondation privée a été introduite dans le droit
positif belge. Par ailleurs, la loi du 7 août 1919 sur les associations
internationales a été abrogée et remplacée par diverses dispositions
complétant la loi du 27 juin 1921. Les associations internationales sont
désormais des "associations internationales sans but lucratif".
Un
arrêté royal du 2 avril 2003, publié au Moniteur belge du 6 juin
2003, a fixé les délais d’entrée en vigueur des modifications et les
différents délais d’adaptation. La plupart des modifications entrent en
vigueur le 1er juillet 2003, mais des périodes transitoires sont fixées
pour permettre aux associations existantes de se mettre en conformité
avec la nouvelle législation.
Outre l’objectif de modernisation, la loi introduit de nouvelles
obligations en matière comptable et impose de nouvelles formalités de
publicité. Elle comprend également un certain nombre de modifications en
matière fiscale.
2. Incidences pratiques sur les associations existantes au 30 juin
2003
Les modifications évoquées impliquent, pour les ASBL, fondations et
associations existantes au 30 juin 2003, les conséquences suivantes :
a. A faire avant le 1er janvier 2005
- adapter les statuts conformément aux nouvelles dispositions de la loi,
- créer un registre des membres de l’association (non-applicable aux
fondations et associations internationales),
- déposer au greffe du tribunal de commerce du siège de l’ASBL, ou au
ministère de la justice pour les fondations et associations
internationales, un dossier contenant les statuts, le texte coordonné
des statuts suite à leur modification éventuelle, les actes relatifs à
la nomination ou à la cessation de fonction des administrateurs, des
personnes déléguées à la gestion journalière, des personnes habilitées à
représenter l’association et des commissaires, une copie du registre des
membres mis à jour annuellement en cas de modification (non requis pour
les fondations et les associations internationales), les comptes annuels
et les éventuelles décisions relatives à la nullité ou à la dissolution,
à sa liquidation et à la nomination et à la cessation de fonctions des
liquidateurs,
- les comptes annuels (pour les exercices comptables commençant à partir
du 1er janvier 2004) doivent être tenus conformément aux règles établies
par les nouvelles dispositions et conformément à un arrêté royal qui
doit encore être pris; une comptabilité simplifiée peut toutefois être
tenue par les associations et fondations qui n'atteignent aucun des
trois seuils suivants, ou si seulement l'un de ceux-ci est dépassé :
5 travailleurs équivalents temps-plein en moyenne annuelle
250.000 EUR de recettes totales autres qu’exceptionnelles, hors TVA
1.000.000 EUR de total du bilan
- un commissaire doit être désigné (parmi les membres de l’Institut des
Réviseurs d’Entreprises) lorsque le nombre moyen annuel de travailleurs
occupés équivalents temps-plein dépasse 100 ou lorsque deux des trois
seuils suivants sont dépassés :
50 travailleurs équivalents temps-plein en moyenne annuelle
6.250.000 EUR de recettes totales autres qu’exceptionnelles, hors TVA
3.125.000 EUR de total du bilan.
Les comptes annuels des ASBL et des fondations doivent être déposés à la
Banque Nationale de Belgique dans les 30 jours de leur approbation, en
même temps qu’une liste des administrateurs et, le cas échéant, des
commissaires en fonction avec leur rapport éventuel. Pour les
associations internationales, les comptes annuels doivent être déposés
au Ministère de la Justice.
b. A faire avant le 1er janvier 2006
Au plus tard le 1er janvier 2006, les ASBL ayant acquis la personnalité
juridique avant le 1er janvier 2004 doivent tenir à disposition des
membres au siège de l’association un registre des membres, ainsi que les
procès-verbaux et décisions de l’assemblée générale, du conseil
d’administration et des personnes qui sont investies d’un mandat au sein
ou pour le compte de l’association, de même que tous les documents
comptables de l’association. Un arrêté royal doit encore fixer les
modalités d’exercice de la consultation de ces documents.
Hubert André-Dumont
handredumont@mcguirewoods.com
Avocat au barreau de Bruxelles -
McGuireWoods LLP
Source : Par Hubert André-Dumont